Erin Hills
Mon astuce de voyage préférée a toujours été d’arriver un jour ou deux plus tôt ou rester un deux jours plus tard en périphérie d’un voyage d’affaires pour trouver un terrain de golf. Cette fois-ci, Milwaukee était mon point d’ancrage. Plutôt que de trimballer mes clubs à travers les aéroports, j’ai simplement réservé un ensemble de location à Erin Hills, loué une voiture à l’aéroport et pris la direction du paysage glaciaire de Kettle Moraine, dans le Wisconsin.
Contrairement à de nombreux parcours de championnat modernes, Erin Hills n’a pas été construit autour de lacs artificiels ou de zones résidentielles. Il se dresse plutôt au sommet du terrain glaciaire vallonné de Kettle Moraine, où les architectes ont largement laissé le relief dicter le tracé. Le résultat : un parcours avec une ambiance de links authentique, bien qu’à près de 1 600 kilomètres de l’océan le plus proche! Il a accueilli l’US Open et l’US Women’s Open, tout en restant merveilleusement accessible en tant que parcours public – une occasion rare de découvrir un parcours de championnat moderne exactement comme il a été conçu.
Le véritable accueil chaleureux des locaux ne se trouvait pas sur un panneau publicitaire, mais sur la bande AM/FM. Quelque part après la banlieue de Milwaukee, les ondes radio ont révélé une fascinante dualité locale : une boucle infinie de commentaires passionnés sur les Brewers, suivis de prédications religieuses ferventes. C'était comme un condensé sonore du Midwest. J'écoutais une analyse détaillée, lancer par lancer, d'une manche au bâton en septième manche, et en changeant de station, un prédicateur à la voix tonitruante me demandait si j'avais sauvé mon âme ce jour-là. Un simple clic sur la radio me faisait passer du baseball à la religion et vice-versa. C'était la bande-son surréaliste idéale pour un road trip en solitaire.
Quand on arrive à Erin Hills, la première chose qui frappe, c'est son immensité, son authenticité. Ici, on ne chuchote pas ; on résonne. S'étendant sur 263 hectares de terrain glaciaire vallonné, ce parcours ressemble moins à un terrain de golf américain traditionnel taillé dans la forêt qu'à un immense links écossais qui se serait égaré au cœur de l'Amérique.
Il n'y a pratiquement aucun arbre pour se cacher. La fétuque ondule en vagues dorées, à hauteur de genoux, balayée par le vent, encadrant des fairways qui paraissent incroyablement larges depuis le départ, mais qui se rétrécissent étrangement à mesure qu'on approche du vert. Marcher sur ce parcours – car à Erin Hills, tout le monde marche – s'apparente davantage à une expédition qu'à une simple partie de golf. Vous pouvez porter votre propre sac, utiliser un chariot ou faire appel à l'un des excellents caddies. Je recommande vivement cette dernière option si votre budget le permet. Ils connaissent chaque nuance du terrain, offrent de précieux conseils pour se frayer un chemin à travers les vents changeants du Wisconsin et, tout aussi important, partagent des anecdotes sur le parcours, l'US Open et les personnalités qui ont foulé ces fairways avant vous.
Trous mémorables
Trou n° 2 – Tentation : Un par 4 court et séduisant qui prouve qu’à Erin Hills, la longueur n’est pas tout. Le coup de départ idéal longe le flanc gauche de la colline pour un angle optimal sur le plus petit vert du parcours, tandis qu’un coup hors cible vous expose à une approche à l’aveugle dans un épais tapis d’herbe longue.
Trou n° 8 – Panorama : Un par 4 en dogleg, taillé à flanc de colline, avec de la fétuque indigène encadrant le large fairway et offrant une vue imprenable sur le paysage glaciaire du Wisconsin. C’est l’un des trous les plus photogéniques du parcours, et il récompense un coup de départ bien placé.
Trou n° 18 – La Montée : Un par 5 en montée monumentale qui met à l'épreuve chaque golfeur. Qu'on l'aborde prudemment en trois coups ou en deux, la fétuque dense, les bunkers profonds et le green surélevé garantissent une fin de parcours aussi mémorable que le début.
Après avoir rendu les clubs de location, rendu la voiture et pris la direction de l'aéroport, mes chaussures de ville me semblaient bien trop serrées, mon esprit était enfin libéré des réunions qui m'avaient amené à Milwaukee quelques jours plus tôt, et mes jambes avaient agréablement avalé plusieurs kilomètres de collines du Wisconsin.
C'était une preuve supplémentaire que les meilleures expériences de golf ne nécessitent pas toujours une semaine de vacances ou un vol international. Parfois, pour une escapade parfaite, il suffit d'une voiture de location, d'une bonne station de radio et de 18 trous inoubliables.
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